Glamis : do you RV & OHV ?


Difficile de rouler aux USA sans croiser de très nombreux “RV”, particulièrement durant les vacances et particulièrement dans le Sud, où l’on va en vacances… “RV” ça veut dire “recreational vehicle” et ça désigne à peu près tout ce qui va de la caravane au camping-car en passant par le pick-up tirant un gigantesque “trailer”, un wagon-maison. Le “RV” est une industrie pour le louer, de gardienner, lui proposer des places auprès des sites les plus intéressants. Pour certains c’est même un mode de vie : dans les “RV” parks, certains retraités vont de ville en ville, ils n’ont plus de maison fixe, ils vivent sur la route passant 3 mois ici ou 6 mois là…

Le corollaire assez fréquent du “RV” est le loisir mécanique, que ce soit sur l’eau (bateau, jet ski, etc.) ou sur la terre (quad, motos et ATV, ou véhicules tous terrains). On est dans le domaine du “OHV” ou “Off Highway vehicle”. La plupart sont des buggies spécialement conçus pour affronter le sable et la boue, mais interdits à la circulation sur les voies normales, comme le nom l’indique. On croise beaucoup de pick-up traînant des remorques contenant des engins des plus puissants, qui se dirigent vers l’intérieur de l’Arizona. En 2002 une étude a estimé à 3 milliards de dollars l’économie des OHV en Arizona ! On est certainement à bien plus aujourd’hui.

A Glamis jusqu’à 160 000 personnes viennent faire du buggie durant le weekend de Thanksgiving!
Mais la Mecque de l’OHV se trouve chez les voisins californiens. C’est la “Imperial sand dunes recreational area”, qui occupe une grande partie des “Algodones dunes”. Presque 500 km² de dunes de sable fin façon Sahara (vous les connaissez… si, si… vous ne vous souvenez pas du début du retour du Jedi ? Eh ben c’était filmé là !). La présence de ces dunes s’insère dans la dynamique géologique de la côte californienne. Le jeu de la faille de San Andrea a peu à peu fait surgir les chaînes de montages qui bordent le littoral de l’Ouest. Ces reliefs font écran et les zones situées derrière ne reçoivent plus de pluie, devenant particulièrement arides. Pourtant le Colorado, approvisionné par l’eau venant des Rocheuses, taille les nouveaux reliefs et il dépose de fins sédiments dans la dépression de Salton, aujourd’hui occupée par la Salton Sea. Ces sédiments abondants sont mobilisés par le vent au fur et à mesure de la rétraction des différents lacs qui se sont succédés dans la dépression en question, et ils s’accumulent sous forme de dunes un peu plus haut sur le plateau. Poussées par le vent, ces dunes se déplacent elles-même lentement vers le Sud.

Que faire de ce Sahara domestique ? Longtemps la réponse n’a pas été évidente. Durant la Seconde guerre mondiale on y a entraîné des troupes pour la guerre dans le désert, puis on en a donné une partie à la marine pour qu’elle y teste ses canons. L’économie du loisir mécanique est peu à peu arrivée, et tout un chacun peut désormais s’adonner aux joies du Paris-Dakar à trois heures de route de Los Angeles. Au centre de la zone, Glamis n’est qu’un vaste campement de “RVs”, autour duquel bourdonnent des centaines de moteurs surpuissants. Le poste d’approvisionnement en “carburant de compétition” est le point de ralliement (ainsi que, le soir, le petit bar à côté de celui-ci). On compte jusqu’à 160 000 visiteurs durant le weekend de Thanksgiving !

La zone est ardemment contestée entre défenseurs de l’environnement et pratiquants du buggie. Au début des années 1980, le Bureau of land management, qui est propriétaire de la zone, a lancé un plan de gestion (ici la dernière édition) qui incorporait les loisirs mécaniques. Ce plan a été amendé plusieurs fois, et en 2002 la partie Nord des dunes a été classée comme une “zone sauvage” (Wilderness area) et interdite à la circulation. Au Sud, une autre lutte a lieu. Afin de renforcer le contrôle de la frontière avec le Mexique, les autorités ont installé une vaste palissade de pieux en acier. Mais le sable conspire contre elle, s’accumulant parfois assez pour enterrer les poteaux. Il faut donc les dégager régulièrement pour maintenir une barrière dissuasive… En attendant peut-être un mur dont les effets sur la dynamique naturelle des dunes seront tout sauf simples à gérer !

La barrière à la frontière avec le Mexique…
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